Un chiffre, sec, sans fard : près d’un adulte sur deux en Belgique présente un excès de poids. Sciensano vient de publier ses dernières données. L’obésité touche désormais 16 % des adultes, une courbe qui s’élève année après année, indifférente aux campagnes de prévention lancées à tour de bras.
Du nord au sud du pays, les écarts ne se comblent pas, ils s’élargissent. La Wallonie est la région la plus concernée, devant la Flandre et Bruxelles. Les milieux sociaux fragiles se révèlent particulièrement exposés. Les décideurs, tout comme les soignants, doutent de l’impact réel des actions menées jusqu’ici.
Obésité et surpoids en Belgique : où en est-on aujourd’hui ?
En Belgique, la tendance ne faiblit pas : surpoids et obésité gagnent du terrain, lentement mais sûrement. Les chiffres de Sciensano sont sans appel : 49 % des adultes sont en surcharge pondérale, tandis que 16 % atteignent le seuil d’obésité fixé à un IMC de 30 kg/m² par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cela signifie qu’un adulte sur six présente un excès de masse grasse qui augmente nettement le risque de complications métaboliques ou cardiovasculaires.
Ce constat ne s’arrête pas à la population adulte. Les enfants ne sont pas épargnés : 19 % affichent un surpoids, et 7 % souffrent d’obésité, selon l’OCDE et les données européennes. Ces moyennes masquent des disparités criantes : la Wallonie reste la région la plus touchée, suivie par Bruxelles et la Flandre, et les familles aux revenus modestes sont les plus vulnérables face à la prise de poids.
Pour mieux suivre l’évolution du problème, les professionnels croisent désormais plusieurs indicateurs : IMC, mais aussi tour de taille, pour affiner le dépistage et mieux cerner l’ampleur du phénomène. La surveillance s’intensifie, car ces chiffres sont le signal d’un défi de santé publique qui concerne tout le pays.
Voici ce que révèlent les dernières statistiques :
- 49 % des adultes belges en surpoids
- 16 % des adultes en situation d’obésité
- 7 % des enfants touchés par l’obésité
Face à cette progression, les experts tirent la sonnette d’alarme : la Belgique se hisse parmi les pays les plus concernés de l’Union européenne. Il devient urgent de revoir les stratégies de prévention et la prise en charge du surpoids et de l’obésité.
Pourquoi les taux augmentent-ils ? Les causes et facteurs de risque à la loupe
La montée du surpoids, en Belgique, ne s’explique pas par une simple fatalité. La sédentarité s’est installée partout : le temps passé devant les écrans s’allonge, l’activité physique dégringole. Chez les enfants, moins d’un sur cinq atteint le quota d’exercice quotidien recommandé par l’OMS ; les adultes suivent la même pente.
L’environnement joue un rôle déterminant : l’offre alimentaire s’est transformée, les aliments ultra-transformés se sont multipliés, la restauration rapide s’impose, les portions sont plus généreuses et la publicité cible sans relâche les plus jeunes. Dès l’enfance, le marketing façonne les choix alimentaires, incitant à consommer davantage de produits riches en sucres, en graisses et en sel. Les industriels agroalimentaires, eux, rivalisent d’ingéniosité pour rendre leurs produits toujours plus attrayants, au détriment de la qualité nutritionnelle.
Les inégalités sociales aggravent la situation. Les foyers précaires, confrontés à la difficulté d’accéder à une alimentation saine, se retrouvent plus souvent en situation de surpoids. D’autres facteurs entrent en jeu : prédispositions génétiques, déséquilibre du microbiote intestinal, stress chronique, troubles du sommeil ou vulnérabilité psychologique.
Pour mieux comprendre, il faut identifier les principaux leviers de cette progression :
- Sédentarité croissante
- Augmentation de la consommation d’aliments ultra-transformés
- Influence du marketing alimentaire
- Inégalités sociales et facteurs psychologiques
Mis bout à bout, tous ces éléments expliquent la hausse constante de l’obésité, aussi bien chez les adultes que chez les plus jeunes.
Des conséquences multiples sur la santé et la société belge
L’obésité, ce n’est pas qu’une affaire de statistiques ou de courbes qui grimpent. En Belgique, l’augmentation du surpoids s’accompagne d’une explosion des maladies associées : maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, mais aussi troubles articulaires, respiratoires, voire certains cancers. L’espérance de vie diminue chez les personnes dont l’IMC dépasse le seuil critique.
Les effets ne sont pas seulement physiques. Les impacts psychologiques frappent fort : perte d’estime de soi, isolement, dépression. À cela s’ajoute la stigmatisation, la discrimination liée au poids, qui touche une part importante de la population et accentue les inégalités sociales et régionales.
Conséquence directe : le système de santé encaisse le choc. Les hospitalisations s’accumulent, le coût des traitements explose, l’absentéisme au travail augmente. La facture de l’obésité se chiffre en centaines de millions d’euros chaque année, sans compter l’impact sur la qualité de vie des personnes concernées.
La liste des répercussions est longue :
- Augmentation des maladies chroniques liées au surpoids
- Discriminations et retentissement psychologique
- Alourdissement des dépenses de santé
- Inégalités sociales et accès aux soins
On ne parle plus seulement de santé individuelle, mais d’un enjeu collectif qui touche l’école, le monde du travail, et qui met à l’épreuve la capacité de la société à agir contre la spirale du surpoids.
Quelles solutions pour prévenir et agir face à l’obésité ?
Renverser la courbe du taux d’obésité en Belgique demande une riposte bien plus large qu’une simple campagne d’affichage. Le Programme national nutrition santé (PNNS), calqué sur le modèle français, pose les bases d’une stratégie : encourager une alimentation équilibrée, promouvoir l’activité physique, combattre la sédentarité. Les repères nutritionnels, actualisés en suivant les lignes directrices de l’OMS, s’adressent à tous les âges.
En rayon, le Nutri-Score, affiché sur les emballages, sert de boussole au consommateur. Cette mesure, portée par la santé publique, est complétée par des outils fiscaux : taxation des boissons sucrées, encadrement plus strict de la publicité destinée aux enfants. L’idée : modifier l’environnement alimentaire pour rendre les bons choix plus accessibles.
Sur le terrain, les initiatives locales se multiplient. Ateliers pour apprendre à cuisiner, réaménagement des espaces publics pour favoriser l’activité physique, actions menées dans les cantines : chaque action compte. Impliquer familles, écoles, entreprises, c’est ouvrir d’autres portes vers la prévention. Et il devient indispensable de lutter contre la stigmatisation qui freine l’accès aux soins.
Les leviers d’action s’articulent autour de plusieurs axes :
- Éducation alimentaire dès le plus jeune âge
- Actions sur la publicité alimentaire
- Réduction de l’offre d’aliments ultra-transformés
- Développement d’un mode de vie sain à l’échelle collective
La mobilisation doit être générale : c’est en agissant de la sphère politique au tissu associatif que l’on peut espérer freiner la progression du surpoids chez les enfants et stabiliser l’obésité chez les adultes. Il reste un défi de taille à relever, mais rien n’est figé. La prochaine décennie dira si la Belgique saura faire mentir la courbe.


