La localisation nasale concentre près de 30 % des cancers cutanés du visage, alors que cette zone ne représente qu’une faible portion de la surface corporelle. Les tumeurs du nez, souvent diagnostiquées tardivement, imposent des approches de traitement différentes selon leur type et leur extension.
Les choix thérapeutiques s’accompagnent de considérations esthétiques et fonctionnelles spécifiques, notamment pour préserver la respiration et l’apparence. La récupération dépend largement de la nature de la lésion, du traitement mis en œuvre et du suivi médical régulier.
Comprendre les cancers de la peau du nez : types, signes et enjeux d’un diagnostic précoce
Trois formes principales se partagent la scène des cancers cutanés du nez : carcinome basocellulaire (CBC), carcinome épidermoïde (CEC) et mélanome malin. Le carcinome basocellulaire domine largement, représentant presque 70 à 80 % des tumeurs de cette région. Sa progression reste lente, ses métastases rares. À l’inverse, le carcinome épidermoïde se montre nettement plus agressif : il peut s’étendre aux ganglions lymphatiques. Quant au mélanome malin, il demeure peu fréquent mais son potentiel de gravité force à la vigilance.
Le nez, en première ligne face au soleil, paie le prix fort des rayons ultraviolets. S’ajoutent à cela l’usage régulier des cabines de bronzage, un phototype clair, et parfois des expositions professionnelles (poussières, solvants), sans oublier l’effet cumulatif du tabac ou de l’alcool. Plusieurs signaux doivent alerter : toute lésion cutanée persistante, bouton qui saigne, croûte qui ne cicatrise pas, rougeur suspecte, zone indurée, mérite une consultation.
Certains symptômes associés nécessitent d’être pris en compte :
- gêne respiratoire,
- écoulements nasaux inhabituels,
- déformation de l’arête ou de la pointe du nez,
- douleur inexpliquée,
- troubles de l’odorat ou de la vision.
Le diagnostic s’appuie sur un examen clinique minutieux, une dermatoscopie, la réalisation d’une biopsie et parfois une imagerie (scanner, IRM) pour mesurer l’extension, notamment vers les cartilages ou la muqueuse du nez. L’intervention rapide du dermatologue ou de l’ORL joue un rôle déterminant pour le pronostic et la suite de la prise en charge.
Traitements, chirurgie esthétique et suivi : ce qu’il faut savoir pour une prise en charge rassurante
Pour traiter un cancer de la peau du nez, la chirurgie dermatologique arrive en tête des solutions proposées. L’exérèse, notamment lorsqu’elle se fait selon la technique de Mohs, vise à retirer la tumeur en prenant une marge de tissu sain. Cette méthode réduit le risque de récidive tout en préservant au maximum les structures du nez, où chaque millimètre compte pour l’équilibre du visage.
Lorsque la reconstruction du nez s’impose, différentes techniques sont envisagées selon l’étendue de la perte de substance. Voici les solutions courantes :
- Lambeaux locaux,
- Lambeau frontal ou bilobé,
- Greffe cutanée prélevée derrière l’oreille,
- Greffe de cartilage,
Chaque technique s’évalue lors de réunions pluridisciplinaires associant dermatologue, ORL et chirurgien plasticien. Le choix dépend à la fois de la taille de la zone à reconstruire, de la localisation précise et des caractéristiques de la tumeur. Après l’intervention, la cicatrisation dirigée contribue à un résultat fonctionnel et esthétique le plus harmonieux possible.
Pour les formes avancées ou non opérables, d’autres options entrent en jeu : radiothérapie, chimiothérapie, parfois photothérapie dynamique ou immunothérapie (cémiplimab). Les traitements ciblés, comme le vismodegib ou le sonidegib, trouvent leur place lorsque la chirurgie n’est pas possible pour des carcinomes basocellulaires infiltrants.
Le suivi après traitement s’inscrit dans la durée : rendez-vous réguliers, examens cliniques et parfois imagerie rythment les années qui suivent l’intervention. Prévenir les récidives, traiter les éventuelles séquelles et adopter des mesures de protection solaire font partie intégrante du parcours. Chapeau à larges bords, lunettes de soleil, crème adaptée : ces gestes simples protègent la peau fragilisée. L’accès à la chirurgie réparatrice est pris en charge par la sécurité sociale et la mutuelle, permettant à chacun de bénéficier de soins adaptés.
Un nez reconstruit, une cicatrice qui s’efface, un souffle retrouvé : chaque parcours reste unique, mais la vigilance et la régularité du suivi ouvrent la voie à une récupération solide, durable, parfois surprenante par la qualité des résultats et le retour à une vie quotidienne apaisée.


