Vaccin contre la varicelle : efficacité et risques associés à connaître

Certains pays n’incluent pas la vaccination contre la varicelle dans leur calendrier vaccinal, alors que d’autres la recommandent dès la petite enfance. En France, la politique évolue lentement malgré des épisodes épidémiques récurrents et une couverture incomplète.

Deux vaccins, VARILRIX et VARIVAX, sont disponibles et autorisés. Leur efficacité est bien établie, mais les interrogations persistent sur la durée de la protection et la gestion des effets indésirables. Les recommandations varient selon l’âge, l’état de santé et le contexte familial, rendant la décision parfois complexe pour les professionnels de santé.

La varicelle, une maladie fréquente mais parfois sous-estimée

La varicelle, provoquée par le virus varicelle-zona, circule avec aisance parmi les jeunes enfants. En France, chaque année, des centaines de milliers de cas s’accumulent, surtout quand la douceur du printemps s’installe. L’éruption de boutons typique, associée à une fièvre souvent modérée et des démangeaisons persistantes, signe la maladie. Chez la plupart des sujets sains, la varicelle reste un mauvais moment à passer. Mais pour certains, l’affaire se complique.

Les complications frappent surtout les personnes plus vulnérables : nourrissons de moins de six mois, femmes enceintes, personnes immunodéprimées. Pour eux, le risque d’infection pulmonaire ou de problèmes neurologiques force à une vigilance accrue. On rencontre aussi, parfois, des surinfections bactériennes, surtout en cas de grattage des lésions, un réflexe difficile à éviter chez l’enfant.

Après une varicelle, l’organisme garde longtemps la mémoire du virus, ce qui offre une protection durable contre une nouvelle infection. Pourtant, le virus peut se tapir silencieusement dans l’organisme et ressurgir plus tard, prenant la forme d’un zona.

Dans les familles, la contagiosité du virus ne laisse quasiment aucune chance aux non-immuns. Le virus passe facilement : une toux, une poignée de main, un contact avec une vésicule et le tour est joué. L’incubation, silencieuse, dure deux semaines, puis les boutons apparaissent. Dans ce contexte, la vaccination s’impose comme une protection à considérer pour tous ceux exposés à des formes graves. Pourtant, la varicelle reste souvent vue comme un passage obligé de l’enfance, ce qui tend à diminuer la prévention dans certains foyers ou cabinets médicaux.

Comment se transmet la varicelle et qui est concerné par la vaccination ?

Le virus varicelle-zona n’a pas son pareil pour se transmettre rapidement. Sa voie privilégiée : les gouttelettes respiratoires expulsées lors d’un éternuement, d’une toux ou même d’une simple conversation. Le contact direct avec les vésicules accentue encore ce risque. Un enfant malade devient contagieux deux jours avant les premiers boutons, et le reste jusqu’à ce que toutes les lésions soient totalement sèches, soit environ une semaine. Dans les crèches, écoles ou collectivités, l’infection se répand à toute allure : sans immunité préalable, plus de 9 personnes sur 10 exposées contractent la maladie.

En France, la vaccination contre la varicelle ne s’impose pas à tous, contrairement à la Belgique ou aux États-Unis. L’accent est mis sur la protection des personnes à risque. Voici les principaux profils concernés :

  • les enfants âgés de plus de 12 mois, non immunisés et présentant des facteurs de risque
  • les femmes en âge de procréer sans antécédent de varicelle
  • les personnes immunodéprimées dans certaines situations, sur avis médical

Le schéma vaccinal repose sur deux doses, administrées à un mois d’intervalle minimum. Les modalités changent selon les pays : stratégie large en Belgique, approche plus ciblée en France. Certaines situations interdisent la vaccination : grossesse, immunodépression sévère, antécédent d’allergie à un composant. Avant de proposer le vaccin, il faut donc bien évaluer le contexte et le statut immunitaire du patient.

VARILRIX, VARIVAX : ce qu’il faut vraiment savoir sur les vaccins disponibles

En France, deux vaccins se partagent la scène : VARILRIX (GlaxoSmithKline) et VARIVAX (MSD). Tous deux reposent sur le principe du vaccin vivant atténué à base de la souche Oka. Ce procédé déclenche une réponse immunitaire efficace sans provoquer la maladie chez les personnes en bonne santé.

Le protocole classique prévoit deux doses, séparées d’au moins quatre semaines. Dès la première injection, près de 85 % des personnes développent une immunité. Une deuxième dose porte ce chiffre à plus de 95 %, un résultat confirmé par de nombreuses études. Chez les enfants de moins de 13 ans, l’efficacité grimpe encore, avec une forte réduction des formes sévères et des complications neurologiques.

Il est possible d’administrer VARILRIX ou VARIVAX seuls, ou de les associer au vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) dans des formulations tétravalentes telles que Priorix-Tetra ou ProQuad. Cette combinaison ne modifie ni la tolérance ni l’efficacité immunitaire selon les données disponibles.

Concernant le remboursement, la France reste prudente : seules certaines indications à risque sont prises en charge, et le coût d’une dose oscille entre 40 et 50 euros. Cela peut représenter un obstacle pour certains foyers. Il revient aux professionnels d’évaluer au cas par cas, en tenant compte des contre-indications et précautions propres à chaque vaccin.

Maman lisant un dépliant sur le vaccin avec sa fille

Effets secondaires, prise en charge et conseils pour une vaccination en toute sérénité

La plupart du temps, les effets secondaires restent discrets et de courte durée. Quelques rougeurs, un gonflement, une légère douleur au point d’injection constituent le lot le plus fréquent. Ces désagréments s’estompent généralement sans intervention. Il arrive aussi, bien que rarement, qu’une petite éruption cutanée apparaisse après la vaccination, avec parfois quelques vésicules. Un peu de fièvre peut survenir, mais les convulsions fébriles restent exceptionnelles et sans suite connue.

Les réactions graves, notamment allergiques, sont très rares. Il existe des contre-indications bien établies : ne jamais vacciner une femme enceinte ou une personne immunodéprimée sans l’avis d’un spécialiste. L’utilisation de salicylés (aspirine) est à éviter pendant le mois qui suit l’injection, en raison d’un risque théorique de syndrome de Reye.

Dans certaines situations à risque, notamment pour les femmes enceintes ou les personnes immunodéprimées exposées, le recours aux immunoglobulines spécifiques varicelle s’avère indiqué pour atténuer la sévérité de la maladie. Ces traitements bénéficient d’une prise en charge ciblée par l’assurance maladie, contrairement au vaccin qui n’est remboursé que dans des contextes précis.

Avant toute vaccination, prenez le temps d’échanger avec le patient sur les bénéfices et les risques, en adaptant l’information à chaque profil. Inscrivez chaque injection dans le carnet de santé et signalez sans attendre tout effet indésirable inattendu via les dispositifs de pharmacovigilance.

La varicelle n’est jamais un simple épisode anodin, et la vaccination, bien pensée, peut changer la donne. Face à ce virus qui ne fait pas de pause, la prévention éclaire les choix et trace un chemin vers une enfance moins exposée.

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